Interview d’Ustâdha Myriam de l’institut Darajat.net

As-salâm ‘aleykom,

Qui n’a jamais eu un professeur l’ayant inspiré et donné envie de transmettre à son tour? Que dire lorsque ce professeur enseigne les plus belles Paroles qui soient.

Parce que tous ne connaissent pas forcément le bienfait d’avoir un professeur (na’am, avoir un professeur est une ni’ma), nous avons souhaité en interroger plusieurs et partager leurs témoignages. Nous espérerons que cela vous inspirera et on commence aujourd’hui avec Ustâdha Myriam. BismiLlâh!

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Jâhiz : Ustâdha, ibn Sirîn a dit : « cette science est une religion alors regardez de qui vous la prenez ». Vous enseignez l’arabe, le tajwîd et le Coran, pouvez-vous donc nous en dire davantage sur vous ?

Ustâdha : بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

Je suis Myriam, fondatrice, gérante et professeur de l’Institut Darajat.net. J’enseigne à juste titre l’arabe, le tajwîd et le Coran aux femmes sur une plateforme en ligne. Al Hamdu Li Llâh, Allâh nous a fait grâce en nous guidant sur la voie du Coran, de la Sounnah, et des pieux prédécesseurs.

Jâhiz : El HamdouliLlâh. Certains ont été bercés par le Qur’ân très jeunes, d’autres ont eu un « déclic », suite à des épreuves ou autre. Pouvez-vous partager avec nous vos débuts avec le Qur’ân ?
 
Ustâdha : Quand j’étais enfant, mes parents m’emmenaient à la mosquée où j’apprenais de courtes sourates, mais à cet âge je ne connaissais que très peu la religion ; et par conséquent mon apprentissage ne pouvait être basé sur une intention sincère émanant de moi-même. C’est seulement lorsque j’ai commencé à mieux comprendre la religion que je me suis rendu compte de l’immensité du Coran, de ses sagesses. Vous savez, ce moment où l’écoute du Coran vous fait trembler, pleurer pour la première fois ? Où votre âme ressent l’apaisement et l’envie de vous plonger dans son écoute pendant des heures ? C’est précisément là que s’est fait mon déclic et mon désir d’apprendre la Parole d’Allâh.

Jâhiz : Ma châ a Llâh. Comment trouviez-vous la motivation nécessaire pour atteindre vos objectifs ?

Ustâdha : Au départ, j’apprenais en écoutant plusieurs fois de courtes sourates quand j’étais dans les transports par exemple. Mais avec le temps, mon apprentissage ne se faisait plus « par défaut » : je devais me fixer des objectifs. Je commençais doucement, en apprenant environ une courte sourate par semaine. Puis, quand la motivation devenait plus grande, j’apprenais une page par semaine. Je pense que nous sommes tous en mesure de faire du Coran un fidèle compagnon, même si l’on apprend peu. Comme le prophète (Salla Llâhu 3alayhi wa Sellem) nous l’a indiqué :

« l’action la plus aimée d’Allâh est l’action la plus régulière et la plus constante, même si elle est petite ». [Sahih Bukhari]

Jâhiz : Na’am. Pensiez-vous dès le début de votre apprentissage que vous seriez amenée à enseigner ?

Ustâdha : Du tout! (Rires). C’est vraiment après plusieurs années d’apprentissage que j’ai commencé à partager mes minuscules connaissances à mes proches. Ces derniers me disaient « Myriam, je te vois trop dans l’enseignement. Pourquoi tu donnes pas de cours ? ». C’est alors en 2014 que l’aventure Darajat.net commence – wal Hamdu Li Llâh.

Jâhiz : Allahumma berek. Y a t-il une parole/chose que vous répétez souvent à vos élèves ?

Ustâdha : Oui. Il m’arrive souvent de leur faire des rappels afin de les booster et les secouer.

Je leur dis « Subhâna Llâh, au temps des pieux prédécesseurs, les gens parcouraient des pays entiers pendant des mois pour rencontrer des sahaba, afin qu’ils leur transmettent UN HADITH ! Et nous, malgré nos moyens de locomotions ultra rapides pour nous rendre dans des centres d’apprentissage, nos livres par milliers, nos technologies qui nous permettent d’accéder à des montagnes de science rien qu’en appuyant sur le bouton « On » de notre PC, on ne fait rien ! Que va-t-on présenter à Allah Subhânah alors qu’Il nous a donné tant de facilités pour nous rapprocher de Lui ? Avant, les gens allaient à la science, maintenant c’est la science qui vient à nous, déposée sur un plateau, mais on préfère courir après la dounia et dépenser sans compter pour cette vie éphémère ! Remettons-nous en question ! ».

Jâhiz : Sahîh. Y a t-il un passage du Qur’ân qui vous marque particulièrement ? Pourquoi ?

Ustâdha :  Je me rappelle avoir écouté le récitateur Idriss Abkar qui récitait sourate Qaf (ndlr : sourate n°50). Jusqu’à qu’il arrive à un passage bouleversant : les versets 19 à 35. On y trouve un immense rappel sur le Jour du jugement, l’enfer (qu’Allâh nous en préserve), le paradis (qu’Il nous l’accorde). Je vous conseille vraiment de l’écouter.

Jâhiz : Amîn, bâraka Llâhu fîki. Plusieurs abonnés nous ont fait part de certains problèmes, à savoir le manque de temps et d’organisation. Qu’en pensez-vous ?

Ustâdha : C’est une question importante. Si nous avons le temps de manger et boire, alors nous avons du temps à accorder à Allâh subHânah. Allâh nous a créé pour une chose : qu’on L’adore.

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent ».

Sourate adh-Dhâriyât (S. n°51, v.56)

Ô ukhtii, regardes combien de temps on passe sur les réseaux sociaux ! Des fois, on défile nos actualités pendant des heures et des heures, et ce qu’on y trouve souvent n’est que divertissement ou perte de temps. Alors que pendant ce temps, les livres que l’on a acheté à la maktaba prennent la poussière, et que le Coran n’est ouvert qu’au Ramadan, et encore ! Mais ces derniers contiennent des trésors !

N’as-tu jamais lu le Coran ou un livre religieux qui te fasse pleurer ou prononcer ces mots : « subHâna Llâh…? » Regardons comment la quête aux richesses nous détourne de l’essentiel qui est d’adorer Allâh ! On se dit : « je n’arrive pas à trouver du temps pour apprendre régulièrement, avec les enfants, le travail, la maison… ». Mais je pense que c’est Cheytân qui nous embellit la dounia.

Je vous assure mes soeurs que nous sommes toutes capables de trouver un moment durant lequel on va lire le Coran, des livres… Encore faut-il définir son intention de se rapprocher d’Allâh. Il faut trouver du temps pour la science (la connaissance), car elle te permettra de mieux connaitre ton Seigneur, et de te rapprocher de Lui. Comme disait ibn al Qayyim (RaHimahu Llâh) :

« Ce qu’il y a de meilleur dans cette dounia, c’est de Le connaitre – Subhânah – et [d’avoir] Son amour ».

 Jâhiz : Que pouvez-vous conseiller aux personnes qui débutent leur apprentissage du Qur’ân ? Et aux plus avancées ?

Ustâdha : Pour les débutantes, mon conseil personnel est de commencer par l’apprentissage de la prononciation des lettres, et des règles de tajwîd. Ceci, pour apprendre dès le départ de la bonne manière. C’est en effet se rajouter du travail que d’apprendre d’une mauvaise manière puis de devoir réapprendre avec la bonne. Je leur conseillerais ensuite de commencer par la fin du Coran (soit Juzz Amma contenant les courtes sourates) car commencer par le début avec al-Baqara est risqué : nombreuses sont celles qui arrêtent l’apprentissage du fait de la longueur de la sourate.

Pour les avancées, je leur conseillerais de s’accrocher fermement à la régularité dans l’apprentissage, quel que soit la quantité hebdomadaire apprise. N’oubliez pas d’accorder du temps aux révisions des sourates déjà apprises pour ne pas les oublier.

Enfin, je conseillerais à toutes mes sœurs d’apprendre petit à petit et de ne pas se précipiter. Car le risque est que celui qui apprend la science d’un bloc, elle partira d’un bloc. Quant à celui qui aura appris petit à petit, s’il devait oublier, alors la science partira petit à petit.

Jâhiz : Bâraka Llâhu fîki pour ces conseils. Pouvez-vous nous parler de vos cours sur Darajat.net ?

Ustâdha : Nous avons fondé l’institut en ligne Darajat (qui signifie « marches, degrés ») pour permettre aux sœurs d’apprendre l’arabe, le Coran et le tajwîd sans avoir à se déplacer. Nous avons été les premiers à proposer des cours accélérés d’un mois pour apprendre à lire et écrire, pour apprendre les règles de tajwîd en profondeur, pour étudier les tomes de Médine…

Plus de 350 étudiantes ont été formées depuis 2014 al Hamdu Li Llâh, et toutes nous ont fait part de leur satisfaction à l’égard de notre méthode. Notre classe en ligne a un tableau virtuel sur lequel sont affichés les documents, j’y inscris des annotations, j’explique le cours au micro et les sœurs font des exercices à l’oral. On se sent dans une vraie classe et l’ambiance entre sœurs est top.

A toutes celles qui ne savent pas lire l’arabe, qui voudraient apprendre à lire le Coran avec le respect des règles de tajwîd, ou qui voudraient simplement avancer dans la langue arabe, vous serez la bienvenue parmi nous ! Nos cours débutent le lundi 03 octobre bi idhni Llâh.
Montons ensemble des Darajat, et soyons Jâhiz !

Jâhiz : Na’am! Bâraka Llâhu fîki de nous avoir accordé de votre temps pour répondre à ces quelques questions.

Ustâdha : Merci à l’équipe Jâhiz pour l’intérêt qu’elle a porté à notre institut.

Si vous recherchez des cours d’arabe, de tajwîd ou de Coran, retrouvez les sessions annuelles et accélérées proposées par l’institut juste là.

Et si vous êtes sceptique à l’idée de suivre des cours en ligne, jetez un oeil aux vidéos de démonstration juste ici.

Attention : Les cours sont uniquement réservées aux femmes et seulement celles-ci peuvent visionner les vidéos. Bâraka Llâhu fîkom.

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